La piroplasmose chez le chat : comment la reconnaître et la soigner ?


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Le guide pour diagnostiquer et soigner la piroplasmose du chat Le guide pour diagnostiquer et soigner la piroplasmose du chat

La piroplasmose du chat est une maladie provoquée par un parasite nommé babesia, véhiculé par les tiques.

Si cette maladie touche davantage les chiens que les chats, elle peut être néanmoins très dangereuse pour nos félins. En effet, elle progresse de manière foudroyante suivant la morsure d’une tique porteuse du parasite.

Quels sont les symptômes de la piroplasmose chez le chat ?
Quels sont les traitements possibles ?
Est-il possible de prévenir cette maladie chez le chat ?

Vous trouverez toutes les réponses dans cet article.

La piroplasmose chez le chat : quelles causes ?

La piroplasmose (aussi appelée “‘babésiose”) est une maladie parasitaire qui touche majoritairement les chiens. Toutefois, dans les cas plus rares, elle peut toucher également les chats.

Cette maladie est présente sur toute la France, mais les départements du Sud-Ouest sont les plus à risque.

Elle est transmise par la morsure d’une tique de l’espèce Dermacentor reticulatus, qui est porteuse du parasite « babesia canis ».

Cette maladie est très dangereuse pour nos animaux de compagnie : le parasite transmissible par la tique attaque le système sanguin du chat en se multipliant, et provoque une infection qui peut mettre en danger la vie du chat, si elle n’est pas traitée rapidement.

En effet, le parasite attaque rapidement les globules rouges du chat jusqu’à les détruire. L’hémoglobine libérée par cet éclatement de globules rouges provoque l’augmentation du taux de bilirubine dans le sang, ce qui peut rapidement intoxiquer l’animal.

Quels sont les symptômes de la piroplasmose chez le chat ?

Généralement, les premiers signes de piroplasmose apparaissent entre un et quatre jours après la piqûre de tique porteuse de parasites. Ces symptômes doivent vous alerter :

  • Le chat est abattu
  • Des diarrhées, voire des vomissements
  • Le chat refuse de se nourrir
  • Il présente une forte fièvre (qui peut grimper rapidement et dépasser les 40°C)
  • Le jaunissement des babines
  • Des troubles nerveux.
  • Des urines très foncées

D’autres réactions immunitaires peuvent apparaître avec des signes cliniques variables en fonction des organes concernés (reins, poumons, cœur, yeux…).

Attention : La piroplasmose est plus difficile à détecter chez le chat que chez le chien en observant seulement les symptômes. En effet, la fièvre et le jaunissement des babines peuvent apparaître lorsque la maladie est très avancée. Ainsi, même si vous constatez seulement quelques-uns de ces signes, vous devez consulter votre vétérinaire en urgence, car la maladie progresse très rapidement et peut provoquer la mort de l’animal.

Afin de confirmer le diagnostic, le vétérinaire effectuera une analyse sanguine, en prélevant du sang sur l’oreille du chat, pour faire un frottis sanguin et l'examiner sous microscope. Cet examen est indispensable pour confirmer la présence du parasite dans le sang du chat. Si ce prélèvement n’aboutit pas à un résultat sûr, le vétérinaire effectuera un test PCR spécifique pour détecter la présence de babésia.

Comment traiter la piroplasmose chez le chat ?

Le traitement de première intention est l’injection d’un antibiotique (de type Imidocarbe) pour détruire rapidement les parasites. Lorsque la maladie est avancée, le vétérinaire peut injecter le traitement par perfusion.

Le traitement contre la piroplasmose doit être administré dans les deux premiers jours suivant l’apparition des premiers symptômes. Dans le cas contraire, la maladie peut laisser des séquelles plus ou moins graves, même si le traitement est administré tardivement.

Est-il possible de prévenir la piroplasmose du chat ?

La prévention consiste à éviter que votre chat puisse attraper des tiques. S’il est plus facile de faire éviter les endroits potentiellement infestés par les tiques à un chien (comme les forêts, les herbes hautes), cela est beaucoup plus difficile pour les chats (surtout ceux qui ont l’habitude de se promener en liberté).

Pensez donc à examiner régulièrement le pelage de votre chat pour détecter la présence de tiques, si vous habitez dans les zones boisées et/ou à risque.

Quels sont donc d’autres moyens de prévention de la piroplasmose ?

Il existe sur le marché des produits antiparasitaires contre les tiques, comme les sprays, les pipettes ou les comprimés. Toutefois, sachez que ces traitements préventifs ne sont pas anodins pour la santé de votre chat.

Pour ce qui est des colliers anti-puces et tiques par exemple, l’Agence Nationale de Sécurité de l’Alimentation (ANSES) a demandé en 2012 de nombreux retraits du marché de ces produits (voir la liste des substances concernées)1.

Concernant les comprimés anti-puces et anti-tiques pour chat, une étude indépendante menée en 2018 auprès de vétérinaires et de propriétaires d'animaux (Project Jake Survey) a mis en évidence un fort taux d’effets secondaires (dans 66,6 % des cas !2). En effet, ces comprimés contiennent des molécules de classe d'isoxazolines qui peuvent entraîner des effets secondaires plus ou moins graves, tels que des troubles digestifs (diarrhées, vomissements, inappétence et ptyalisme)345 ou encore un état léthargique, des tremblements musculaires, une ataxie et des convulsions6.

Soyez donc particulièrement vigilant quant à l’utilisation de ces produits antiparasitaires.

Avez-vous une question sur la santé de votre chat ou avez-vous besoin de conseils sur son alimentation ? Nous sommes heureux d’y répondre personnellement : contactez-nous via les commentaires ci-dessous, ou par email directement, pour obtenir nos conseils de bon sens, issus d’une connaissance du terrain de plusieurs dizaines d’années.

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Références

  1. [] ANSES – Communiqué de presse - L’Anses retire l’autorisation de mise sur le marché de certains colliers antiparasitaires destinés aux animaux de compagnie - Maisons-Alfort, le 17 avril 2012 : https://www.anses.fr/fr/system/files/CP-colliers-APE.pdf
  2. [] Valerie Palmieri,W. Jean Dodds, Judy Morgan, Elizabeth Carney, Herbert A. Fritsche, Jaclyn Jeffrey, Rowan Bullock, Jon P. Kimball, Survey of canine use and safety of isoxazoline parasiticides, 02 June 2020, https://doi.org/10.1002/vms3.285
  3. [] RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) du Fluralaner en tant qu’antiparasitaire pour chien et chat : https://www.ema.europa.eu/en/documents/product-information/bravecto-epar-product-information_fr.pdf
  4. [] RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) de l’afoxolaner en tant qu’antiparasitaire pour chien et chat : https://www.ema.europa.eu/en/documents/product-information/nexgard-epar-product-information_fr.pdf
  5. [] RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) de l’antiparasitaire comfortis pour chien et chat : https://ec.europa.eu/health/documents/community-register/2013/20130114125064/anx_125064_fr.pdf
  6. [] FDA (Food and Drug Administration) Fact Sheet for Pet Owners and Veterinarians about Potential Adverse Events Associated with Isoxazoline Flea and Tick Products, 13/08/2021 https://www.fda.gov/animal-veterinary/animal-health-literacy/fact-sheet-pet-owners-and-veterinarians-about-potential-adverse-events-associated-isoxazoline-flea

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UNE HISTOIRE DE FAMILLE

J’ai lancé ce blog pour accompagner les maîtres et partager avec eux mes conseils. Parce que je suis persuadé que s’entraider, c’est le meilleur moyen de garder nos compagnons en bonne santé. Et puis, la famille, c’est fait pour ça.

Davy ROS : Ostéopathe D.F.O. et Hygiéniste, spécialisé en nutrition animale

Anne ROS : Eleveur depuis 1990 aux Joyeuses Gambades, Meilleur Elevage de France dès 1998